ilanit illouz


Ilanit Illouz fragmente la narration de récits familiaux, sociaux ou fictifs. Ses images elliptiques ont quelque chose de fantomatique qui suggèrent d’aller plus loin, d’entrer plus profondément dans une nouvelle matérialité.
Diplômée de l’Ensapc, Ilanit commence par la photographie argentique qu’elle expérimente sous toutes ses possibilités. Pour la série Tel Aviv, Rehov, Richon Lesihon, 6e étage, en pleine nuit, elle plante son pied à la fenêtre et photographie en pellicule infrarouge les mouvements nocturnes de la ville comme des scènes de films noirs. Des points de départs de fictions plus ou moins inquiétantes.

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Les images d’Illouz sont des tentatives de dire et d’écrire l’histoire d’un espace intraduisible. L’artiste l’arpente, expérimente, collecte les cailloux, les débris et les plantes mortes, comme s’ils étaient des témoins qu’il faut faire parler. Elle cherche les traces susceptibles de faire resurgir le passé. Mais le paysage à peine dévoilé dans ses images ne porte plus aucune marque de ce qui l’a hanté : les baraques en forme de tonneau du camp du Grand Arenas. Ce camp aujourd’hui disparu, sis entre la prison des Beaumettes à Marseille et le village de La Cayolle, isolé par des murs et des barbelés, avait été érigé à la fin de la seconde guerre mondiale pour y placer les travailleurs vietnamiens indépendantistes. Il a vu transiter les candidats à l’émigration pour Israël, les juifs d’Afrique du Nord, les travailleurs émigrés, les gitans… Détruit en 1966, il n’en reste rien, si ce n’est aujourd’hui les traces de pas de l’artistes à la recherche de narrations éclatées et étirées dans le temps et les roses de Jericho balayées par le vent.”

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